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Un Français sur trois peine à payer ses factures d’énergie, et sept foyers sur dix ont déjà baissé le chauffage pour contenir la note. Les chiffres du baromètre 2026 du médiateur national de l’énergie, publiés le 3 novembre, tombent au moment où les premières gelées arrivent et où beaucoup de ménages hésitent à relancer la chaudière. Le chauffage d’appoint est alors la solution la plus souvent envisagée pour chauffer une seule pièce, à condition de savoir ce qu’il coûte réellement à l’heure. Voici les calculs, type par type.
Factures d’énergie : ce que dit le baromètre du 3 novembre 2026
La vingtième édition du baromètre énergie-info, réalisée en septembre auprès des ménages, décrit une situation que le médiateur qualifie de « plateau » : 34 % des foyers déclarent des difficultés de paiement (55 % chez les moins de 35 ans), 86 % estiment que les factures pèsent lourdement sur leur budget, un niveau jamais atteint depuis 2007. Surtout, 72 % des ménages ont limité le chauffage l’hiver dernier pour éviter une facture trop élevée, contre 53 % en 2020, et plus d’un tiers ont eu froid chez eux pendant au moins 24 heures.
Dans ce contexte, chauffer une seule pièce plutôt que tout le logement est un calcul logique. Encore faut-il choisir le bon appareil et, surtout, ne pas le laisser tourner sans thermostat.
Chauffage d’appoint : le coût réel à l’heure, type par type
Le tarif réglementé de l’électricité, appliqué depuis le 1er août 2026, s’établit à 0,2001 € TTC par kWh en option Base (0,2142 € en heures pleines et 0,1589 € en heures creuses). Le calcul est alors mécanique : un appareil de 1 000 W consomme 1 kWh par heure à pleine puissance, un appareil de 2 000 W en consomme 2. En pratique, un modèle équipé d’un thermostat ne fonctionne qu’une partie du temps une fois la température atteinte, ce qui réduit la consommation réelle de 30 à 50 %.
| Type de chauffage d’appoint | Prix d’achat | Coût à pleine puissance (2 000 W) | Pour 4 h par jour sur un mois | Points forts et limites |
|---|---|---|---|---|
| Radiateur bain d’huile | 30 à 150 € | 0,40 €/h | Environ 48 € | Chaleur douce, continue à chauffer après extinction ; lent à monter en température |
| Radiateur soufflant céramique | 20 à 80 € | 0,40 €/h | Environ 48 € | Chauffe en quelques minutes, compact ; bruyant, chaleur qui retombe vite |
| Convecteur mobile | 20 à 100 € | 0,40 €/h | Environ 48 € | Montée rapide ; assèche l’air, peu adapté aux grandes pièces |
| Panneau rayonnant | 60 à 150 € | 0,30 à 0,40 €/h | 36 à 48 € | Chaleur immédiate ressentie, programmable, n’assèche pas l’air |
| Poêle à gaz (catalyse ou infrarouge) | 70 à 140 € | Environ 0,70 €/h (bouteille 13 kg à 38 €) | Environ 84 € | Grandes pièces, pas de prise nécessaire ; CO2 et risque de monoxyde de carbone en pièce fermée |
| Poêle à pétrole | 100 à 300 € | Variable selon le combustible | — | Chaleur rapide ; odeurs, réglementation locale, déconseillé en pièce fermée |
Le point que l’on oublie souvent : à puissance égale, tous les chauffages électriques transforment 100 % de l’électricité en chaleur. Un radiateur bain d’huile à 120 € ne « consomme » pas moins qu’un soufflant à 25 €, il restitue la chaleur différemment. Ce qui fait vraiment baisser la facture, c’est un thermostat précis, une pièce fermée et une utilisation limitée au moment où l’on s’y trouve.
Quel chauffage d’appoint choisir selon la pièce
Pour une chambre ou un bureau occupé plusieurs heures, le radiateur bain d’huile avec thermostat reste la référence : silencieux, chaleur homogène, et l’inertie de l’huile permet de le couper un quart d’heure avant de quitter la pièce. Pour une salle de bains, seul un soufflant céramique conçu pour les pièces humides (classe IP21 ou supérieure) est adapté, dix minutes avant la douche. Pour un séjour où l’on reste assis, le panneau rayonnant chauffe les personnes avant de chauffer l’air et donne une sensation de confort plus rapide à puissance égale.
Dans tous les cas, une prise programmable ou un thermostat d’ambiance à quelques euros évite le scénario le plus coûteux, celui du radiateur oublié toute la nuit. Et pour les foyers en heures creuses, décaler l’usage sur les plages creuses ramène le coût de l’heure à pleine puissance autour de 0,32 € pour 2 000 W ; nous avions détaillé les nouveaux horaires d’heures creuses appliqués depuis le 4 novembre.
Sécurité : ce qu’il ne faut pas faire avec un chauffage d’appoint
Les appareils à combustion (gaz, pétrole) ne doivent jamais fonctionner dans une pièce fermée et peu ventilée : une combustion incomplète dégage du monoxyde de carbone, inodore et mortel. Le pic annuel d’intoxications se situe précisément en novembre, à la reprise de la saison de chauffe, comme nous le rappelions dans notre article sur le ramonage obligatoire et le monoxyde de carbone. Un détecteur de monoxyde certifié EN 50291 coûte 20 à 40 €.
Pour les modèles électriques, trois règles simples : ne jamais brancher un radiateur de 2 000 W sur une multiprise ou une rallonge enroulée, ne rien poser dessus (ni linge ni vêtements), et garder un mètre de distance avec les rideaux, le canapé et la literie. Les appareils récents disposent d’une sécurité anti-basculement et d’une coupure en cas de surchauffe : c’est un critère à vérifier avant l’achat, surtout avec des enfants ou des animaux.
Questions fréquentes
Quel est le chauffage d’appoint le moins cher à l’usage ?
À puissance égale, tous les chauffages électriques coûtent le même prix à l’heure, environ 0,20 € pour 1 000 W et 0,40 € pour 2 000 W au tarif réglementé 2026. Le moins cher à l’usage est donc celui qui chauffe le moins longtemps : un modèle avec thermostat précis, utilisé dans une pièce fermée. Les appareils au gaz reviennent plus cher à l’heure et posent un problème de sécurité en intérieur.
Combien coûte un radiateur électrique de 2 000 W allumé toute la nuit ?
Huit heures à pleine puissance représentent 16 kWh, soit environ 3,20 € par nuit au tarif de base, ou près de 100 € par mois. Avec un thermostat réglé à 18 °C, la consommation réelle est en général divisée par deux. Une prise programmable qui coupe l’appareil après une ou deux heures est le meilleur investissement.
Un chauffage d’appoint peut-il remplacer le chauffage central ?
Pour une pièce occupée quelques heures par jour, oui, et c’est souvent moins cher que de relancer toute l’installation. Pour chauffer un logement entier, non : un appareil mobile de 2 000 W couvre 15 à 20 m² correctement isolés, et multiplier les appareils revient plus cher que le chauffage principal.
Notre sélection de chauffages d’appoint avec thermostat
Sources
- AFP / Orange Actu – Un tiers des Français peine à payer ses factures d’énergie, selon le baromètre 2026 du médiateur (3 novembre 2026)
- franceinfo – Un Français sur trois a éprouvé des difficultés pour payer ses factures d’énergie durant l’année
- Selectra – Prix du kWh d’électricité : tarif réglementé en vigueur depuis le 1er août 2026
- Selectra – Chauffage d’appoint : prix, comparatif et lequel choisir (2026)
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