Réponse rapide : le ramonage obligatoire s’impose avant la première flambée de l’hiver, avec deux autres gestes. Le ramonage d’abord : faire intervenir un professionnel qualifié et conserver l’attestation, au moins une fois par an depuis le décret du 20 juillet 2023. Faire vérifier la chaudière, première cause d’intoxication au monoxyde de carbone. Et aérer dix minutes par jour, même par grand froid, car un logement calfeutré concentre le gaz. Le monoxyde de carbone est inodore et incolore : seul un détecteur, vendu entre 20 et 40 euros, permet de le repérer avant les symptômes.
Les recherches sur les feux de cheminée grimpent ce mardi, au moment où les premières gelées de la semaine poussent les familles à rallumer poêles et inserts. C’est statistiquement la période la plus dangereuse de l’année : les conduits n’ont pas servi depuis le printemps, les appareils d’appoint ressortent des caves, et les logements se referment. Voici ce que la loi impose exactement depuis 2023, ce que votre assureur regardera en cas de sinistre, et les quelques achats qui changent vraiment quelque chose.
Monoxyde de carbone : pourquoi novembre est le mois à risque
Le monoxyde de carbone est produit par toute combustion incomplète : bois, granulés, gaz, fioul, charbon, essence. Il ne sent rien, ne se voit pas, et prend la place de l’oxygène dans le sang. Santé publique France recense environ 3 000 personnes intoxiquées accidentellement et une centaine de décès par an. En Bretagne, 190 personnes ont été intoxiquées en 2025 et trois en sont mortes ; 65 l’ont déjà été depuis le début de 2026 selon l’agence régionale de santé.
Les symptômes trompent, parce qu’ils ressemblent à ceux d’un début de grippe : maux de tête, fatigue intense, nausées, vomissements, vertiges. Deux signaux doivent alerter. D’abord, l’apparition rapide des troubles à proximité d’un appareil de chauffage. Ensuite, le fait que plusieurs personnes du foyer, ou les animaux, soient touchées en même temps. Dans ce cas, il faut ouvrir les fenêtres, arrêter l’appareil si c’est possible sans risque, sortir du logement et appeler le 15, le 18 ou le 112.
Ramonage obligatoire : ce que le décret de 2023 a changé
| Situation | Obligation depuis le 1er octobre 2023 |
|---|---|
| Conduit individuel (bois, granulés, gaz, fioul) | Ramonage au moins une fois tous les douze mois |
| Conduit collectif | Au moins deux fois par an, dont une pendant la période de chauffe |
| Grosse consommation (plus de 6 m³ de bois ou 2,5 t de granulés par an) | Second ramonage recommandé |
| Chaudière de 4 à 400 kW | Entretien annuel par un professionnel qualifié, attestation sous 15 jours |
| Qui réalise le ramonage | Une entreprise qualifiée ; un ramonage fait soi-même n’est pas reconnu |
| Preuve | Attestation mentionnant l’identité du professionnel, la date, le conduit et sa vacuité sur toute la longueur |
Avant ce décret, le ramonage obligatoire dépendait du règlement sanitaire départemental et variaient d’un département à l’autre, avec souvent deux ramonages par an pour le bois. Le décret a unifié le cadre au niveau national. Comptez de 70 à 120 euros pour un ramonage de cheminée ou de poêle selon la région et l’accessibilité du conduit, et conservez l’attestation au moins deux ans. La bûche de ramonage chimique, vendue en grande surface, ne remplace pas le passage du hérisson : elle assèche les dépôts, ce qui peut aider entre deux interventions, mais elle ne vaut pas attestation.
Côté location, l’entretien courant du conduit et de l’appareil incombe au locataire, sauf clause contraire du bail. Le propriétaire reste responsable du gros œuvre et de la mise en conformité : un chapeau de cheminée percé, un conduit oxydé ou une installation non conforme relèvent de lui. En copropriété, les conduits collectifs sont du ressort du syndic.
Ramonage obligatoire et assurance : ce qui est vraiment regardé après un feu de cheminée
Contrairement à ce qu’on lit souvent, l’absence de ramonage ne supprime pas automatiquement la garantie incendie. L’assureur doit se fonder sur une clause précise du contrat, et s’il invoque une déchéance pour fausse déclaration, il lui revient de démontrer la mauvaise foi de l’assuré. Les tribunaux examinent surtout le lien de causalité : dans une affaire jugée à Chambéry en mai 2025, l’assureur a été débouté faute d’avoir établi que le manquement du ramoneur avait causé l’incendie.
Cela ne doit pas rassurer pour autant. Sans attestation, la discussion s’engage mal, l’indemnisation prend des mois, et une expertise contradictoire coûte cher. Le réflexe utile est simple : garder l’attestation de ramonage avec le contrat d’assurance habitation, et photographier l’installation une fois par an. Si l’assureur refuse de couvrir un sinistre, la réclamation écrite au service client, puis la saisine du médiateur de l’assurance, sont les deux étapes avant toute action judiciaire.
Au-delà du ramonage obligatoire : les trois achats qui changent quelque chose
Peu de matériel est réellement utile, mais ces trois-là le sont, et ils coûtent collectivement moins qu’une visite d’expert.
- Un détecteur de monoxyde de carbone certifié EN 50291 : le seul moyen de détecter un gaz inodore. À placer dans la même pièce que l’appareil de chauffage, à hauteur de respiration, et à changer selon la durée de vie indiquée, en général sept à dix ans. Comptez 20 à 40 euros.
- Un détecteur de fumée (DAAF) à jour : obligatoire dans tout logement depuis 2015, il doit être testé chaque mois et remplacé au bout de dix ans. Beaucoup de foyers vivent avec un modèle en fin de vie sans le savoir.
- Un kit de ramonage mécanique : il ne dispense pas du passage annuel du professionnel, mais il permet un entretien intermédiaire du conduit en cours de saison, surtout avec un poêle utilisé quotidiennement.
Un mot enfin sur le bois lui-même : un bois humide encrasse le conduit bien plus vite et produit davantage de monoxyde. Un taux d’humidité inférieur à 20 % est la règle, ce que garantissent les bois labellisés. Pour le reste de la préparation du logement et du véhicule au froid, nos six vérifications avant la première gelée complètent utilement cette liste, et notre article sur la loi Montagne couvre le volet déplacements.
Questions fréquentes
Le ramonage obligatoire s’applique-t-il à un poêle à granulés ?
Oui. Le décret vise tous les appareils à combustion, granulés compris. Au-delà de 2,5 tonnes de granulés consommés dans l’année, un second passage est recommandé.
Une bûche de ramonage suffit-elle ?
Non. Elle agit chimiquement sur les dépôts mais ne garantit pas la vacuité du conduit et ne donne droit à aucune attestation. Elle peut compléter un ramonage mécanique, pas le remplacer.
Où installer le détecteur de monoxyde de carbone ?
Dans la pièce où se trouve l’appareil à combustion, à environ un mètre à un mètre cinquante du sol et à un mètre au moins de l’appareil, loin des courants d’air et des fenêtres. Un second détecteur près des chambres est utile dans une maison à étage.
Que faire en cas de feu de cheminée déclaré ?
Fermer les arrivées d’air de l’appareil, ne jamais jeter d’eau dans le foyer, éloigner les meubles et objets inflammables du conduit, évacuer et appeler le 18 ou le 112. Faire ensuite contrôler le conduit avant toute nouvelle flambée : un feu de cheminée fissure fréquemment le boisseau.
Sources
- Santé publique France – Communiqué de prévention des intoxications au monoxyde de carbone
- ICI Rennes – Monoxyde de carbone : se chauffer sans danger (3 novembre 2026)
- Décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023 : ce qui change pour le ramonage
- Ramonage, certificat et assurance : responsabilités en cas d’incendie (2026)
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