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BHV en redressement judiciaire : ce que risquent vos cartes cadeaux, vos commandes et vos garanties

Le BHV Marais passe devant le tribunal ce 30 octobre 2026. Ce que le redressement judiciaire change pour les cartes cadeaux, commandes et garanties des clients.

Publié le 4 min de lecture
Redressement judiciaire d un grand magasin : rayon eclaire avec des mannequins

Le BHV Marais a demandé son placement en redressement judiciaire et le tribunal des activités économiques de Paris examine sa situation ce vendredi 30 octobre 2026. Environ 700 salariés sont concernés à Paris. Pour les clients, une question se pose immédiatement : que deviennent les cartes cadeaux, les commandes payées et les garanties ?

L’essentiel en 30 secondes

  • L’audience se tient le 30 octobre 2026 devant le tribunal des activités économiques de Paris.
  • Environ 700 salariés travaillent au magasin parisien, contre 1 100 il y a trois ans.
  • En cas de redressement judiciaire, le magasin reste ouvert pendant la période d’observation.
  • Les cartes cadeaux et bons d’achat antérieurs au jugement deviennent de simples créances à déclarer.
  • Le délai de déclaration est de deux mois à compter de la publication au Bodacc.

Pourquoi le BHV se retrouve en redressement judiciaire

Le dossier couve depuis l’été. Dès juillet 2026, l’inspection du travail avait saisi la justice en soupçonnant une cessation des paiements. En septembre, les élus du personnel ont à leur tour alerté le parquet.

Au cœur du litige, le loyer. Le fonds canadien Brookfield a racheté les murs aux Galeries Lafayette fin janvier 2026, pour une somme estimée entre 200 et 300 millions d’euros. Le loyer annuel s’établirait ensuite autour de 9 millions d’euros, pour environ la moitié des surfaces restituées.

La direction affirme que le bailleur avait promis 27,5 millions d’euros d’indemnités, dont 5 millions seulement auraient été versés. Une source proche de Brookfield rétorque qu’aucune somme n’est due, ces indemnités étant conditionnées à la mise en conformité des locaux. Dans le même temps, la dette fournisseurs est estimée autour de 100 millions d’euros.

Ce que le redressement judiciaire change pour les clients

Premier point rassurant : l’activité continue. Une procédure de ce type ouvre une période d’observation pendant laquelle le magasin reste ouvert et les ventes se poursuivent.

Ensuite, tout dépend de la date. Les achats réglés après le jugement relèvent des créances dites postérieures, qui sont en principe honorées normalement. En revanche, une commande payée mais non livrée, un bon d’achat ou une carte cadeau émis avant le jugement deviennent de simples créances dans la procédure.

Pour ces dernières, une démarche s’impose. Il faut déclarer la créance au mandataire judiciaire, par lettre recommandée avec accusé de réception et justificatifs, dans les deux mois suivant la publication du jugement au Bodacc. Passé ce délai, la créance n’est plus prise en compte.

Les six réflexes à avoir face à une enseigne en difficulté

  1. Conservez tous vos justificatifs. Tickets, factures, bons d’achat et cartes cadeaux constituent la preuve de votre créance.
  2. Utilisez vos bons rapidement. Tant que le magasin les accepte, un bon dépensé vaut mieux qu’un bon déclaré.
  3. Surveillez la publication au Bodacc. Elle fait courir le délai de deux mois pour déclarer votre créance.
  4. Déclarez par courrier recommandé. Adressez-vous au mandataire judiciaire désigné, avec copies des justificatifs.
  5. Vérifiez votre paiement par carte. Un débit non encore passé peut parfois faire l’objet d’une opposition auprès de votre banque.
  6. Distinguez garantie légale et commerciale. La garantie légale de conformité pèse sur le vendeur ; l’extension commerciale souscrite auprès d’un tiers suit son propre sort.

Un dernier conseil pratique. Avant d’acheter un article coûteux dans une enseigne fragilisée, interrogez le service client sur le délai de livraison et privilégiez un paiement qui laisse une trace. Nos conseils sur le paiement en plusieurs fois complètent utilement ce point.

Questions fréquentes sur le redressement judiciaire d’un magasin

Le magasin ferme-t-il immédiatement ?

Non. Le redressement judiciaire vise justement à poursuivre l’activité. La liquidation, elle, entraîne l’arrêt de l’exploitation, sauf poursuite autorisée par le tribunal.

Ma carte cadeau est-elle perdue ?

Pas nécessairement, mais elle n’est plus un droit automatique. Tant que l’enseigne l’accepte, utilisez-la. Sinon, déclarez-la comme créance dans les deux mois.

Puis-je encore rapporter un article acheté avant ?

La garantie légale reste due par le vendeur. En pratique, son exécution dépend de la poursuite de l’activité, d’où l’intérêt d’agir sans attendre.

Où trouver le nom du mandataire judiciaire ?

Dans l’annonce publiée au Bodacc, consultable gratuitement en ligne. Elle indique la juridiction, la date du jugement et les organes de la procédure.

Sources

  • Audience du 30 octobre 2026 devant le tribunal des activités économiques de Paris.
  • Rachat des murs par Brookfield fin janvier 2026 et litige sur les indemnités, presse économique, octobre 2026.
  • Effectifs et dette fournisseurs, AFP, Les Echos et intersyndicale, juillet à octobre 2026.
  • Bodacc, publication des jugements et point de départ du délai de déclaration de créance.

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