Réponse rapide : pour la retraite 2027, la pension de base maximale sera de 2 037,50 euros brut par mois, soit 50 % du nouveau plafond de la Sécurité sociale (4 075 euros). Ce chiffre ne s’applique qu’aux personnes qui partiront à partir du 1er janvier 2027, au taux plein, avec 25 meilleures années au niveau du plafond. Pour les retraités déjà en place, le montant de janvier dépend de la revalorisation annuelle, estimée entre 1,7 et 1,8 %, que le gouvernement souhaitait limiter aux pensions totales inférieures à 1 260 euros. Rien n’est tranché tant que le budget 2027 de la Sécurité sociale n’est pas adopté.
« Augmentation retraite 2027 » fait partie des expressions les plus recherchées en France ce week-end. Deux informations se télescopent : l’officialisation du plafond de la Sécurité sociale pour 2027, qui relève la pension de base maximale, et l’incertitude autour de la hausse de janvier. Le premier sujet fait de jolis titres mais concerne peu de monde. Le second touche tous les retraités, et c’est sur lui que se joue, à quelques euros près, le budget de millions de foyers au 1er janvier. Voici comment démêler les deux.
Retraite 2027 : d’où sort le chiffre de 2 037,50 euros
La pension de base du régime général (Carsat, Cnav en Île-de-France) ne peut pas dépasser 50 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale. Ce plafond, le PASS, est revalorisé chaque année en fonction de l’évolution du salaire moyen. Le Bulletin officiel de la Sécurité sociale a annoncé le 16 octobre sa valeur pour 2027 : 48 900 euros par an, soit 4 075 euros par mois, contre 4 005 euros en 2026. L’arrêté qui l’officialise doit paraître avant la fin de l’année. La moitié de 4 075 euros donne 2 037,50 euros brut : c’est la nouvelle retraite de base maximale, 35 euros de plus par mois qu’en 2026.
| Repère | 2026 | 2027 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Plafond mensuel de la Sécurité sociale | 4 005 € | 4 075 € | +70 € (+1,74 %) |
| Plafond annuel | 48 060 € | 48 900 € | +840 € |
| Retraite de base maximale (50 % du plafond) | 2 002,50 € brut/mois | 2 037,50 € brut/mois | +35 € (+420 €/an) |
Pourquoi presque personne ne touche ce maximum
Le plafond est un maximum théorique, pas un objectif atteignable par un cadre bien payé. Pour l’atteindre, il faut partir au taux plein (tous ses trimestres, ou l’âge du taux plein automatique) et avoir, sur ses 25 meilleures années, des salaires au moins égaux au plafond de chaque année. Or ces anciens salaires sont revalorisés selon l’inflation, qui progresse moins vite que le plafond lui-même. Résultat : un salarié parti en 2026 avec une carrière complète payée au plafond touche environ 1 851 euros brut de pension de base, soit quelque 150 euros sous le maximum.
Seules deux situations permettent de dépasser la barre : la surcote, pour ceux qui continuent à travailler après avoir réuni leurs trimestres et atteint l’âge légal, et la majoration de 10 % accordée aux parents d’au moins trois enfants. Pour tous les autres, la retraite complémentaire Agirc-Arrco fait l’essentiel de la différence. Celle-ci vient d’ailleurs d’être revalorisée de 1,4 % au 1er novembre, sur un calendrier distinct de la retraite de base.
Ce nouveau plafond a aussi un effet discret sur les actifs : au-delà de 4 005 euros brut mensuels, 70 euros de salaire supplémentaire entrent dans l’assiette de la cotisation vieillesse plafonnée, soit environ 4,80 euros de cotisation en plus par mois pour le salarié.
Retraite 2027 : la revalorisation de janvier, ce que dit la loi, ce que voulait le gouvernement
Pour les retraités déjà en place, le plafond ne change rien. Ce qui compte, c’est la revalorisation annuelle des pensions de base, prévue par le code de la sécurité sociale chaque 1er janvier. La règle : les pensions suivent l’inflation hors tabac, calculée en comparant la moyenne des douze derniers indices mensuels de l’Insee (novembre 2025 à octobre 2026) à celle des douze mois précédents. Avec un indice de septembre à 103,07, les estimations convergent vers 1,7 à 1,8 %, soit environ 17 euros de plus par mois pour 1 000 euros de pension de base. Le taux définitif sera connu avec l’indice définitif d’octobre, publié par l’Insee le 13 novembre.
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, présenté le 1er octobre, prévoyait toutefois une « dérogation exceptionnelle » dans son article 35. Le principe : une hausse pleine uniquement pour les retraités dont le total des pensions (base, complémentaire et réversion comprises) ne dépasse pas 1 260 euros par mois au 31 décembre 2026 ; une hausse réduite, fixée par décret, entre 1 260 et 2 034 euros, avec une série de paliers intermédiaires ; et un gel, ou une sous-indexation, au-delà. Plusieurs membres du gouvernement avaient évoqué un gel pur et simple au-dessus de 2 000 euros.
| Total des pensions au 31 décembre 2026 | Règle légale (code de la sécurité sociale) | Article 35 du PLFSS 2027 (non voté) |
|---|---|---|
| Jusqu’à 1 260 €/mois | Hausse de l’inflation, environ 1,7 à 1,8 % | Hausse pleine |
| De 1 260 à 2 034 €/mois | Hausse de l’inflation | Hausse réduite par paliers, taux fixés par décret |
| Au-delà de 2 034 €/mois | Hausse de l’inflation | Gel ou sous-indexation, à fixer par décret |
Budget de la Sécu rejeté : où en est la retraite 2027 ?
Le 23 octobre, l’Assemblée nationale a rejeté la partie recettes du projet de budget de la Sécurité sociale par 115 voix contre une, ce qui entraîne le rejet de l’ensemble du texte en première lecture. La partie dépenses, dont l’article 35 sur les retraites, n’a donc même pas été examinée en séance. Le texte repart au Sénat, qui l’étudie à partir du 9 novembre dans sa version initiale, celle du gouvernement, gel partiel compris. Une commission mixte paritaire tentera ensuite un compromis. Le Parlement dispose de 50 jours au total, jusqu’au 26 novembre ; passé ce délai, le gouvernement pourrait agir par ordonnance, ce qui ne s’est jamais produit.
Deux scénarios se dessinent pour les retraités. Si l’article 35 est finalement adopté, en l’état ou amendé, la hausse de janvier sera modulée selon le niveau de pension, et des décrets pourront la compléter en cours d’année, avec effet rétroactif au 1er janvier, dans la limite de l’inflation. S’il est supprimé ou si aucune loi n’est promulguée à temps, la règle de droit commun s’applique et toutes les pensions de base augmentent du même taux. Pour mémoire, le gel prévu pour 2026 avait été supprimé par les députés par 308 voix contre 99.
Retraite 2027 : ce que cela représente concrètement
Prenons une ancienne aide-soignante qui perçoit 1 000 euros de pension de base et 350 euros de complémentaire, soit 1 350 euros au total. Avec la règle légale, sa retraite de base passerait à environ 1 017,70 euros en janvier, soit 212 euros de plus sur l’année. Avec le gel partiel, située au-dessus du seuil de 1 260 euros, elle ne percevrait qu’une hausse réduite, voire aucune, et l’écart se reporterait sur toutes les années suivantes puisque chaque revalorisation se calcule sur la pension précédente. À l’inverse, un retraité à 900 euros de base et 300 euros de complémentaire (1 200 euros au total) toucherait la hausse pleine dans les deux cas, environ 16 euros par mois.
Le versement de janvier intervient, pour le régime général, le 9 février 2027 (la pension de janvier est payée début février). C’est à cette date que la différence sera visible sur le compte en banque. D’ici là, le calendrier parlementaire de novembre tranchera. Pour organiser les dépenses de fin d’année sans attendre, notre dossier sur le budget de Noël 2026 détaille les postes à arbitrer.
Questions fréquentes sur la retraite 2027
Ma pension actuelle va-t-elle passer à 2 037,50 euros ?
Non. Ce montant est le plafond de la retraite de base pour les personnes qui liquident leurs droits à partir du 1er janvier 2027. Une pension déjà versée évolue uniquement avec la revalorisation annuelle.
Le seuil de 1 260 euros, c’est la retraite de base ou le total ?
Le total de toutes les pensions obligatoires perçues au 31 décembre 2026 : base, complémentaire Agirc-Arrco et éventuelle pension de réversion. La majoration pour tierce personne n’est pas comptée.
L’Agirc-Arrco est-elle concernée par ce gel ?
Non. La complémentaire des salariés du privé est gérée par les partenaires sociaux, hors budget de l’État. Elle a été revalorisée de 1,4 % au 1er novembre 2026 et ne bougera plus avant novembre 2027.
Quand connaîtra-t-on le taux définitif ?
Le taux issu de la formule légale sera calculable après la publication de l’indice définitif des prix d’octobre, le 13 novembre. Le sort du gel partiel dépend, lui, du vote du budget de la Sécurité sociale, au plus tard le 26 novembre.
Sources
- Plafond de la Sécurité sociale 2027 : retraite de base maximale à 2 037,50 € (BOSS, 16 octobre 2026)
- Selectra – Retraite de base : environ 1,8 % de hausse en janvier, mais voici les retraités qui en seraient privés
- Meilleurtaux Placement – Retraites 2027 : 1,7 % sous 1 281 €, règles à venir
- MoneyVox – Retraites : seuils de 1 260 euros à 2 034 euros, ce qui est prévu pour la hausse de janvier 2027
- NosParlementaires – Vote du PLFSS 2027 : l’Assemblée rejette le budget de la Sécu (23 octobre 2026)
À lire aussi sur le même sujet
- Toussaint : le prix des chrysanthèmes, les horaires des cimetières et l’accès le 1er novembre
- Dentiste, transports, médicaments : les remboursements baissent au 1er janvier, et cela passe par décret
- Shein, Temu, AliExpress : 2 euros de plus par article dès le 1er novembre, et jusqu’à 5 euros avec les droits de douane
