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Rentrée de la Toussaint sous tension : blocage des lycées dès mardi, grève jeudi 5 novembre, le mode d’emploi des parents

Rentrée lundi 2 novembre, blocage des lycées dès mardi, grève du jeudi 5 : service minimum d’accueil, cantine, crèches, garde d’enfants, transports, le calendrier jour par jour pour les parents.

Publié le 10 min de lecture
Blocage des lycées et grève du 5 novembre : façade d'une école française, rentrée de la Toussaint 2026

Réponse rapide : la rentrée des vacances de la Toussaint, lundi 2 novembre 2026, s’ouvre sur une semaine de mobilisation. Les syndicats lycéens visent un blocage des lycées dès mardi 3 novembre, et l’intersyndicale appelle à une journée nationale de grève et de manifestations jeudi 5 novembre. Pour les parents, trois réflexes : vérifier dès mardi le nombre d’enseignants déclarés grévistes dans l’école (le service minimum d’accueil se déclenche à 25 %), consulter mercredi soir les plans de transport, et anticiper avec l’employeur une solution de garde ou de télétravail, car aucune absence pour grève n’est de droit.

Au lendemain d’un samedi 31 octobre à « très haut risque » selon le ministère de l’Intérieur, où plus de 320 000 personnes ont défilé contre la vie chère dans 123 villes et où 565 interpellations ont été recensées, le mouvement social ne marque pas de pause. Les cortèges de Nantes et de Paris figurent encore ce dimanche parmi les recherches les plus fréquentes des Français. Et la semaine qui s’ouvre concentre tout ce qui peut compliquer la vie d’une famille : la reprise de l’école, un blocage des lycées annoncé, puis une grève générale jeudi. Voici, jour par jour, ce qu’il faut savoir et ce qu’il faut préparer.

Blocage des lycées : qui appelle, à partir de quand

Trois organisations mènent le mouvement lycéen et étudiant, parti le 18 septembre du lycée Saint-Exupéry de Créteil : l’Union syndicale lycéenne, Lycéens ! et l’Union étudiante. Leur revendication principale tient en une formule, des « conditions de dignité » pour étudier, et se traduit par la demande d’un plan national pour le bâti scolaire, contre les classes surchargées et les locaux dégradés. Le gouvernement a répondu le 26 octobre par la voix du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray : une refonte de Parcoursup en deux temps (améliorations dès la session 2027, nouveau système en 2028) et un plan de 5 milliards d’euros pour rénover lycées et universités. Les organisations jugent ces annonces insuffisantes et attendent « des actes ».

Le calendrier n’est pas tout à fait le même d’une organisation à l’autre. Lycéens ! appelle à bloquer dès lundi 2 novembre ; l’Union syndicale lycéenne prévoit des assemblées générales lundi, puis des blocages « mardi, mercredi, jeudi, vendredi » ; l’Union étudiante vise mardi, puis jeudi. Tous convergent vers les manifestations du 5 novembre, où le blocage des lycées rejoindra la grève des salariés. Concrètement, un blocage des lycées signifie des poubelles devant les grilles au petit matin, des cours annulés ou déplacés, et parfois une intervention de la police pour dégager l’accès. Les établissements ne préviennent souvent les familles qu’au dernier moment, via l’ENT ou Pronote : activez les notifications dès ce dimanche soir.

Blocage des lycées, grève du 5 novembre : la semaine du 2 au 6 novembre, jour par jour

Jour Ce qui est prévu, et ce que les parents peuvent faire
Lun.
2 nov.
Rentrée dans toutes les zones. Assemblées générales dans les lycées et les universités, premiers blocages possibles. Date limite pour les enseignants du primaire pour se déclarer grévistes jeudi.
Parents : Vérifier l’ENT et les messages de l’école. Demander à la directrice ou au directeur si le seuil de 25 % est atteint.
Mar.
3 nov.
Blocages de lycées annoncés par la plupart des organisations. Déclaration des agents SNCF et des transports urbains, des contrôleurs aériens à midi. Rassemblement de cheminots au siège de la SNCF à Saint-Denis.
Parents : Prévenir l’employeur d’un éventuel besoin de télétravail ou de congé jeudi. Repérer une solution de garde de secours.
Mer.
4 nov.
Publication des plans de transport SNCF (vers 17 h) et des transports publics, au plus tard 24 heures avant. Annonces des mairies sur la cantine, le périscolaire et les crèches.
Parents : Consulter les prévisions ligne par ligne. Réserver un trajet de repli si le train est supprimé.
Jeu.
5 nov.
Grève interprofessionnelle et manifestations dans toute la France. Service minimum d’accueil dans les écoles concernées. Possibles perturbations SNCF, RATP, bus, hôpitaux, aérien.
Parents : Éviter les centres-villes aux heures de manifestation. Garder les justificatifs de transport pour un remboursement.
Ven.
6 nov.
Assemblées générales CGT sur une éventuelle reconduction. Préavis de la FSU Territoriale couvrant toute la fonction publique territoriale jusqu’au 30 novembre.
Parents : Surveiller les annonces de reconduction dans les transports et les écoles.
Le calendrier de la semaine de rentrée, d’après les appels syndicaux connus au 1er novembre 2026.

École : comment fonctionne le service minimum d’accueil

Dans les écoles maternelles et élémentaires publiques, la loi de 2008 impose un accueil gratuit des élèves les jours de grève. Les enseignants du premier degré doivent se déclarer grévistes au moins 48 heures à l’avance, ce qui permet à l’inspection académique et aux mairies de connaître la situation école par école dès mardi. Si moins de 25 % des enseignants d’une école sont déclarés grévistes, les enseignants présents prennent en charge les élèves. À partir de 25 %, c’est la commune qui doit organiser le service minimum d’accueil, avec des animateurs, des agents municipaux ou des parents volontaires, dans l’école ou dans un autre local. L’État lui verse une compensation forfaitaire par groupe d’enfants accueillis. Aucun préavis, aucune difficulté de recrutement ne dispense la mairie de cette obligation, même si, dans les faits, certaines communes peinent à l’assurer les jours de forte mobilisation.

Deux limites à connaître. D’abord, le service minimum ne concerne ni les collèges, ni les lycées, ni les crèches : un collégien dont les professeurs sont absents reste chez lui ou en permanence si l’établissement peut l’accueillir. Ensuite, la cantine, la garderie du matin et du soir et les crèches municipales dépendent d’agents territoriaux qui peuvent eux-mêmes faire grève. La CFDT et la FSU Territoriale ont déposé des préavis couvrant la fonction publique territoriale, ce dernier courant du 5 au 30 novembre. Un enfant peut donc avoir classe le matin et pas de repas le midi. L’information viendra de la mairie, en général la veille.

Dans l’enseignement privé sous contrat, qui scolarise environ 17 % des élèves, quatre organisations appellent aussi à la grève jeudi, une première à cette échelle. Nous détaillons ce point, ainsi que la position de la SNCF, dans notre article du 28 octobre sur la grève du 5 novembre dans le privé et à la SNCF.

Garde d’enfants pendant la grève et le blocage des lycées : ce que vous pouvez demander à votre employeur

Il n’existe pas de droit à s’absenter pour garder un enfant dont l’école est fermée par une grève. Les solutions passent par un accord avec l’employeur : une journée de télétravail, un jour de congé payé ou de RTT, une récupération, un aménagement d’horaires, ou, dans certaines conventions collectives, un congé pour « événement familial » élargi. Le congé pour enfant malade ne s’applique pas, faute de certificat médical. Le plus efficace reste de prévenir dès mardi, quand le seuil de 25 % est connu, plutôt que de poser la question jeudi matin. Pour les parents d’élèves de maternelle et d’élémentaire, le service minimum d’accueil est la solution de dernier recours ; inscrivez l’enfant dès que la mairie ouvre le dispositif, les places étant parfois limitées.

Si vous êtes vous-même gréviste, la retenue sur salaire est proportionnelle à la durée de l’arrêt dans le privé (une journée de 7 heures coûte environ 92 euros pour 2 000 euros brut mensuels) et suit la règle du trentième indivisible dans la fonction publique d’État, où une heure de grève entraîne la retenue d’une journée entière.

Transports : trains, métros, avions

À la SNCF, quatre syndicats (CGT-Cheminots, Unsa-Ferroviaire, SUD-Rail, CFDT-Cheminots) ont déposé un préavis commun pour jeudi : TGV, Intercités, TER et trains franciliens peuvent être touchés. Les prévisions détaillées seront publiées mercredi en fin d’après-midi ; en cas de train supprimé, l’échange ou le remboursement est sans frais, et les voyageurs inscrits sont prévenus par SMS ou courriel. À la RATP, aucun préavis spécifique n’était confirmé ce week-end : la situation du métro et du RER est à vérifier mardi, une fois passé le délai de déclaration des agents. Dans l’aérien, les contrôleurs grévistes doivent se déclarer mardi à midi, et la Direction générale de l’aviation civile demandera, le cas échéant, aux compagnies de réduire leurs programmes de vols mercredi.

Pour les déplacements en voiture, retenez que de nombreuses préfectures ont, lors des journées précédentes, tenu les cortèges à l’écart des hypercentres et fermé des stations de métro ou des axes à l’approche des manifestations. Si vous devez traverser une grande ville jeudi après-midi, consultez l’arrêté préfectoral publié la veille. Et puisque la loi Montagne est entrée en vigueur ce dimanche, un trajet de repli vers les grands-parents en zone de montagne suppose des pneus hiver ou des chaînes à bord.

Questions fréquentes

Mon lycéen peut-il être sanctionné s’il participe au blocage des lycées ?

Une absence en cours doit être justifiée par les parents, et un élève absent sans motif reconnu peut faire l’objet d’un rappel du règlement intérieur. Les dégradations ou l’entrave à l’accès de l’établissement relèvent en revanche du droit commun. La plupart des établissements tolèrent la participation à une assemblée générale, pas l’absence prolongée.

Le service minimum d’accueil est-il payant ?

Non. L’accueil organisé par la commune les jours de grève est gratuit. La cantine, si elle fonctionne, reste facturée au tarif habituel.

Comment savoir si l’école de mon enfant atteint les 25 % ?

La direction de l’école connaît le nombre de déclarations 48 heures avant la grève, soit dès mardi pour jeudi. La mairie publie en général la liste des écoles où le service minimum est activé mercredi, sur son site ou par l’application de la ville.

La grève et le blocage des lycées peuvent-ils se prolonger vendredi et la semaine suivante ?

C’est possible. La CGT appelle à des assemblées générales pour décider des suites, Solidaires et les Gilets jaunes parlent de « blocage reconductible », et le préavis de la FSU Territoriale court jusqu’au 30 novembre. Les autres confédérations n’ont, pour l’heure, appelé qu’à la journée du 5 novembre.

Sources

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