,

Parcoursup remplacé, 28 élèves en seconde, bourses indexées : ce que changent les annonces pour les lycéens

Remplacement de Parcoursup en 2028, plafond de 28 élèves en seconde, 15 000 places dans le supérieur, bourses indexées : le détail des annonces et ce qui reste conditionné au budget.

Publié le 6 min de lecture
Lycéen qui écrit à son bureau en classe, illustration des annonces sur Parcoursup et les effectifs en seconde

Après un mois de mobilisation lycéenne, le gouvernement a dévoilé ses réponses. Au programme : la fin annoncée de Parcoursup, un plafond de 28 élèves en seconde, 15 000 places de plus dans le supérieur et des bourses indexées sur l’inflation. Les députés en débattent ce mercredi à l’Assemblée. Voici ce qui est acté, ce qui reste conditionné au budget, et ce que cela change concrètement pour les familles.

L’essentiel en 30 secondes

  • Parcoursup : davantage de transparence sur les algorithmes dans un premier temps, puis un remplacement visé en 2028, qui nécessitera une loi.
  • Effectifs : 28 élèves maximum en seconde, d’abord dans les établissements les plus défavorisés à la rentrée prochaine, généralisation en 2028.
  • Postes : 500 créations de postes de professeurs dans les lycées publics et l’annulation d’environ 800 suppressions prévues au budget 2027.
  • Supérieur : 15 000 places supplémentaires, principalement en BTS et en IUT.
  • Bourses : indexation sur l’inflation.
  • Réserve : l’ensemble doit être financé dans le projet de loi de finances. Les organisations lycéennes maintiennent la mobilisation du 5 novembre.

Ce qui a été annoncé, et par qui

Lundi 26 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a d’abord reçu les organisations lycéennes et étudiantes à Matignon. Ensuite, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, et Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, ont présenté les mesures. Le ministre de l’Éducation a indiqué que la plateforme de concertation Agora avait recueilli 101 000 participations.

Ce mercredi 28 octobre, les députés débattent à l’Assemblée nationale de l’avenir du processus d’orientation. Or ce débat se tient sans vote : il n’engage donc rien juridiquement, ce que plusieurs organisations ont immédiatement relevé.

Parcoursup : ce qui change, et quand

Le gouvernement procède en deux temps. D’abord : rendre les algorithmes de classement plus lisibles, pour que les candidats comprennent sur quels critères une formation les a retenus ou écartés. Ensuite : remplacer la plateforme, à l’horizon 2028, ce qui suppose le vote d’une loi.

En pratique, pour les familles, la traduction est simple. Les élèves actuellement en terminale passeront par Parcoursup au printemps prochain, dans des conditions proches de celles qu’ils connaissent. Les élèves aujourd’hui en seconde ou en première sont ceux qui pourraient voir arriver le nouveau dispositif, à condition que la loi soit votée et appliquée dans les délais annoncés.

Ce que le remplacement ne règle pas

Surtout, changer d’outil ne crée pas de places. L’Intersyndicale jeunesse, qui réunit des organisations étudiantes et l’Union syndicale lycéenne, réclame la fin de la sélection à l’université et la création de 250 000 places. Or les 15 000 places annoncées, concentrées sur les filières techniques, restent loin de cette demande. C’est le principal point de friction après ces annonces.

28 élèves en seconde : où et quand

Concrètement, le plafond de 28 élèves par classe de seconde s’appliquera d’abord dans les établissements les plus défavorisés, dès la rentrée prochaine, avant une généralisation annoncée pour 2028. Le ministère indique par ailleurs vouloir réduire les effectifs dans les groupes de spécialité en première et en terminale.

Par ailleurs, le financement passe par deux leviers : la création de 500 postes de professeurs dans les lycées publics et l’annulation d’environ 800 suppressions de postes inscrites au budget 2027. Toutefois, cette annulation suppose un amendement du gouvernement au projet de loi de finances. Autrement dit, la mesure dépend du vote du budget.

Bourses, places et bâtiments : le volet financier

  • Bourses étudiantes : indexation sur l’inflation, ce qui met fin aux revalorisations décidées au coup par coup.
  • 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, en priorité en BTS et en IUT, avec une concertation pour ouvrir ces places là où les besoins existent.
  • 5 milliards d’euros pour la rénovation des lycées et des universités, principalement sous forme de prêts à taux réduit aux collectivités qui en ont la charge.
  • 500 postes d’infirmiers scolaires envisagés dans le budget, un sujet remonté avec insistance par les lycéens sur la santé mentale.

Le bac aussi dans la balance

Enfin, le gouvernement a ouvert deux chantiers sans calendrier ferme. D’une part, le premier porte sur le contrôle continu, avec l’hypothèse d’une suppression en classe de première. D’autre part, le second concerne le choix des spécialités et la place des mathématiques et des sciences, dans l’objectif d’alléger des emplois du temps jugés trop lourds.

Pour les familles, ces deux dossiers comptent autant que Parcoursup : ce sont eux qui déterminent la charge de travail réelle d’un lycéen et le poids des notes de première dans le dossier final. Ainsi, tant qu’aucun texte n’est publié, les règles actuelles continuent de s’appliquer.

Pourquoi la mobilisation continue

Cependant, les réactions sont restées contrastées. Renouveau lycéen a reconnu des mesures allant « dans notre sens », tout en appelant à poursuivre le mouvement pour obtenir des résultats concrets. L’Intersyndicale jeunesse appelle à retourner dans la rue, estimant ses revendications non satisfaites. Du côté des personnels, le Snes-FSU appelle à amplifier la grève en vue du 5 novembre, et le SE-Unsa réclame des garanties sur le financement et la mise en œuvre.

Le point commun de ces réactions tient en une phrase : la plupart des annonces sont conditionnées au budget. Nous détaillons l’organisation à prévoir côté familles dans notre guide sur la grève du 5 novembre.

Questions fréquentes sur Parcoursup et les annonces

Parcoursup disparaît-il dès cette année ?

Non. La procédure se déroulera normalement pour les terminales de l’année en cours. En revanche, la lisibilité des critères de classement doit évoluer dès le premier temps. Le gouvernement annonce le remplacement de la plateforme pour 2028, ce qui nécessite une loi.

Mon lycée sera-t-il concerné par les 28 élèves en seconde ?

À la rentrée prochaine, la mesure vise uniquement les établissements les plus défavorisés, selon des critères sociaux qui restent à préciser par le ministère. La généralisation est annoncée pour 2028. En attendant, les effectifs relèvent de la dotation horaire de chaque établissement.

L’indexation des bourses change quoi pour un étudiant ?

Elle rend donc la revalorisation automatique plutôt que discrétionnaire. Le montant suit alors l’évolution des prix, sans dépendre d’un arbitrage annuel. L’effet dépendra du niveau d’inflation constaté et des modalités techniques retenues.

Que se passe-t-il si le budget n’est pas voté ?

Les créations de postes, l’annulation des suppressions et les postes d’infirmiers scolaires dépendent du projet de loi de finances. Sans adoption, ces mesures ne s’appliquent pas en l’état. Les chantiers sur Parcoursup et le bac, eux, relèvent d’une loi distincte et d’un calendrier plus long.

Sources

À lire aussi sur le même sujet