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517 millions d’euros de médicaments jetés chaque année : ce que la pharmacie reprend vraiment, et ce qu’elle refuse

Médicaments non utilisés : 517 millions d’euros et 7 675 tonnes jetés chaque année selon l’étude Perimed. Ce que la pharmacie reprend, ce qu’elle refuse, où vont les boîtes et comment trier son armoire à pharmacie en dix minutes.

Publié le 7 min de lecture
Médicaments non utilisés : plaquettes de comprimés, flacons et thermomètre à trier

Réponse rapide : les médicaments non utilisés ou périmés se rapportent toujours en pharmacie, jamais à la poubelle ni dans l’évier. Il faut retirer la boîte en carton et la notice, qui se recyclent avec les papiers, et apporter seulement le médicament dans son contenant direct : plaquette, flacon, tube. La pharmacie refuse en revanche les compléments alimentaires, les produits de parapharmacie, les cosmétiques, les dispositifs médicaux et les appareils de mesure. Les aiguilles vont dans une boîte jaune à récupérer gratuitement en officine.

Les médicaments non utilisés reviennent dans les recherches des Français ce mardi, à la faveur des chiffres de l’étude Perimed, publiée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et l’Assurance maladie. Ils donnent le vertige : plus d’un demi-milliard d’euros de médicaments remboursés partent chaque année en fumée, au sens propre, puisque les boîtes rapportées sont incinérées. Au-delà du gaspillage, c’est une question d’armoire à pharmacie familiale : que garder, que rapporter, et comment éviter d’accumuler. Voici la marche à suivre, et les erreurs les plus fréquentes.

Médicaments non utilisés : 517 millions d’euros jetés chaque année

Indicateur Chiffre
Coût annuel des médicaments remboursés non consommés 517 millions d’euros
Volume collecté chaque année 7 675 tonnes
Boîtes rapportées qui ne sont pas périmées 4 sur 10
Médicaments concernés délivrés sur ordonnance 70 %
Classes les plus souvent rapportées Antalgiques, laxatifs, antibiotiques
Principaux résultats de l’étude Perimed, publiée le 24 juin 2026 par l’ANSM et l’Assurance maladie.

Les causes tiennent rarement à la négligence des patients. La première est le conditionnement : une boîte de 30 comprimés pour un traitement de 7 jours laisse mécaniquement 23 unités sur le carreau. Viennent ensuite l’arrêt du traitement, parce que les symptômes ont disparu, qu’un effet indésirable est survenu ou que le médecin a changé de molécule, et le renouvellement automatique d’ordonnances longue durée alors que le placard est déjà plein.

Des solutions existent ailleurs. La délivrance à l’unité est la règle aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, au Canada ou au Japon ; l’Allemagne impose trois tailles de boîtes normées, calibrées sur des traitements de 10, 30 et 100 jours. En France, la délivrance à l’unité des antibiotiques est autorisée depuis 2022 mais reste facultative : en 2024, elle concernait 1,1 % des antibiotiques et 8 % des officines. L’obstacle est économique, la rémunération du pharmacien reposant sur la boîte, et la Cour des comptes recommande un développement ciblé plutôt qu’une généralisation.

Médicaments non utilisés : ce que la pharmacie reprend, et ce qu’elle refuse

Produit Où le déposer
Comprimés et gélules dans leur plaquette Pharmacie
Sirops et solutions buvables dans leur flacon Pharmacie
Crèmes, pommades, collyres, patchs, ampoules, aérosols Pharmacie
Boîtes en carton et notices vides Bac de tri papier et carton
Compléments alimentaires, cosmétiques, parapharmacie Ordures ménagères ou tri selon l’emballage
Thermomètres, tensiomètres, dispositifs médicaux Déchetterie, filière des déchets électriques
Aiguilles, seringues, stylos injecteurs, lancettes Boîte jaune DASTRI, remise gratuitement en pharmacie
Le tri de l’armoire à pharmacie selon les règles de la filière Cyclamed et de la filière DASTRI.

L’erreur la plus répandue consiste à tout rapporter dans un sac, cartons compris. Les boîtes et notices représentent une part importante du volume collecté et se recyclent très bien avec les papiers : les séparer fait gagner de la place dans le bac de la pharmacie et évite de payer une incinération inutile. L’erreur inverse, plus risquée, consiste à jeter les comprimés à la poubelle ou dans les toilettes. Les molécules se retrouvent alors dans les eaux usées, que les stations d’épuration ne sont pas conçues pour filtrer, et une boîte accessible dans une poubelle reste un danger pour un enfant ou un animal.

Les médicaments rapportés sont pris en charge par Cyclamed, l’éco-organisme agréé, et incinérés à haute température dans des unités de valorisation énergétique : la chaleur produit de la vapeur qui alimente des réseaux de chauffage ou produit de l’électricité. Ils ne sont pas redistribués, contrairement à une idée reçue, même si un projet de décret sur la redispensation de certains médicaments non ouverts est à l’étude.

Faire le tri de son armoire à pharmacie en dix minutes

Le bon moment est le changement de saison, et novembre s’y prête : on sort les sirops contre la toux et les antalgiques, autant vérifier le reste à ce moment-là. Sortez tout, posez les boîtes sur la table, et procédez en trois piles. La première, ce que vous utilisez : à garder dans sa boîte, avec la notice, et à ranger en hauteur ou sous clé s’il y a des enfants. La deuxième, ce qui est périmé ou dont vous ignorez l’usage : direction la pharmacie, cartons retirés. La troisième, les traitements en cours d’un autre membre du foyer : à ne jamais réutiliser pour soi, un antibiotique ou un anti-inflammatoire prescrit à quelqu’un d’autre n’est pas un médicament du placard.

Deux vérifications utiles au passage : la date de péremption des médicaments ouverts, souvent plus courte que celle imprimée (un collyre entamé se conserve en général quatre semaines, un sirop quelques semaines après ouverture), et la présence des indispensables de la saison. Notre article sur la vaccination grippe et Covid et la trousse de la maison détaille ce qu’il est utile d’avoir en stock. À noter enfin que plusieurs remboursements évoluent au 1er janvier, comme nous l’expliquons dans notre article sur la baisse des remboursements pour le dentaire, les transports et les médicaments.

Questions fréquentes

Un médicament périmé est-il dangereux ?

Il est surtout moins efficace, ce qui pose problème pour un traitement qui doit agir vite ou à dose précise. Quelques molécules se dégradent en composés indésirables. Dans le doute, on ne prend pas, on rapporte.

La pharmacie peut-elle refuser mes médicaments non utilisés ?

Elle est tenue de collecter les médicaments à usage humain des particuliers. Elle peut en revanche refuser à juste titre les compléments alimentaires, les cosmétiques, les dispositifs médicaux et les cartons vides, qui relèvent d’autres filières.

Que faire des médicaments d’un proche décédé ?

Les rapporter en pharmacie, comme les autres, sans les conserver « au cas où ». Les stupéfiants et certains traitements sensibles doivent être remis en main propre au pharmacien, qui les enregistre.

Et les médicaments pour animaux ?

Les médicaments vétérinaires relèvent d’une filière distincte. Rapportez-les chez votre vétérinaire ou dans la pharmacie qui les a délivrés, en demandant confirmation avant de vous déplacer.

Sources

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