Chaque hiver, la bronchiolite touche près d’un nourrisson sur trois et reste la première cause d’hospitalisation des bébés de moins d’un an. L’épidémie démarre en général mi-novembre, et la campagne de prévention 2026-2027 est ouverte depuis le 14 septembre, avec une nouveauté : un second anticorps, Enflonsia, rejoint le Beyfortus. Entre l’immunisation à la maternité, le rattrapage en ville pour les bébés nés depuis février, le vaccin Abrysvo pendant la grossesse et les gestes du quotidien, voici ce qu’il faut savoir pour protéger votre enfant avant le pic, et reconnaître les signes qui imposent de consulter sans attendre.
À retenir
- Campagne 2026-2027 en métropole : du 14 septembre 2026 au 28 février 2027. L’épidémie 2025-2026 a duré huit semaines, de mi-novembre à mi-janvier, plus courte et moins intense que les précédentes.
- Deux anticorps en injection unique pour les bébés qui vivent leur premier hiver : Beyfortus (nirsevimab) et, nouveau cette saison, Enflonsia (clesrovimab).
- Pour les futures mères : le vaccin Abrysvo entre 32 et 36 semaines de grossesse protège le bébé dès la naissance et jusqu’à six mois ; il est pris en charge à 100 %.
- À la maternité, l’injection est gratuite sans avance de frais ; en ville (rattrapage), remboursée à 30 % par l’Assurance maladie, le reste par la mutuelle, 100 % avec la C2S.
- Plus de 450 000 nourrissons ont été protégés l’hiver dernier.
- Consultez en urgence si bébé respire vite ou avec difficulté, boit moins de la moitié de ses biberons, a moins de 6 semaines ou devient gris ou bleuté autour des lèvres.
Bronchiolite 2026-2027 : qui est concerné et quand
La bronchiolite est une infection virale des petites bronches, due dans la grande majorité des cas au virus respiratoire syncytial (VRS). Bénigne chez l’adulte et le grand enfant, où elle se résume à un rhume, elle peut encombrer sévèrement un nourrisson de moins de six mois, dont les bronches sont minuscules. Le calendrier de la campagne de prévention suit celui de l’épidémie, détaille l’ARS Bretagne : du 14 septembre 2026 au 28 février 2027 en métropole, dès le 31 août aux Antilles, du 28 septembre au 28 mars à La Réunion, du 1er octobre au 31 mai à Mayotte, toute l’année en Guyane.
Sont éligibles tous les bébés qui abordent leur première saison de VRS, c’est-à-dire les enfants nés depuis février 2026 et ceux qui naîtront jusqu’à la fin de la campagne, sauf si leur mère a été vaccinée pendant la grossesse. Les bébés nés prématurés ou porteurs d’une maladie cardiaque ou pulmonaire sont prioritaires, mais la protection est recommandée pour tous.
Beyfortus et Enflonsia : une injection, une saison
Il ne s’agit pas de vaccins au sens strict mais d’anticorps monoclonaux : plutôt que de faire fabriquer des défenses par le bébé, on lui injecte directement les anticorps dirigés contre le VRS. Une seule injection intramusculaire, dans la cuisse, protège pendant au moins cinq mois, soit toute la saison. Le Beyfortus (nirsevimab) est utilisé en France depuis 2023 ; l’Enflonsia (clesrovimab) arrive cette saison avec le même principe et le même schéma. Les deux ont montré une réduction d’environ 80 % des hospitalisations pour bronchiolite à VRS dans les études, et l’hiver 2025-2026, avec plus de 450 000 nourrissons protégés, a été nettement moins lourd pour les urgences pédiatriques.
- À la maternité : proposée dans les jours qui suivent la naissance pour tous les bébés nés à partir du 1er septembre 2026, prise en charge intégrale, sans avance de frais. C’est la voie la plus simple : dites oui avant de rentrer à la maison.
- En rattrapage en ville : pour les bébés nés entre février et août 2026, sur prescription du médecin ou de la sage-femme, injection par le médecin, la sage-femme, une infirmière ou en PMI. L’Assurance maladie rembourse 30 % du produit, la mutuelle complète selon le contrat ; prise en charge à 100 % pour les bénéficiaires de la C2S ou de l’AME. Demandez le devis à la pharmacie et vérifiez votre mutuelle avant.
- Effets indésirables : rares et bénins (rougeur au point d’injection, fièvre modérée, éruption passagère).
Abrysvo : le vaccin de la future maman
Autre option, pour les femmes enceintes dont l’accouchement est prévu à partir de septembre : le vaccin Abrysvo, administré entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée. Les anticorps traversent le placenta et protègent le nouveau-né dès la naissance, à condition que l’injection ait eu lieu au moins deux semaines avant l’accouchement, et jusqu’à ses six mois. Il est pris en charge à 100 % au titre de l’assurance maternité, prescrit et injecté par un médecin, une sage-femme, une infirmière ou un pharmacien. Un bébé dont la mère a reçu Abrysvo n’a en principe pas besoin de Beyfortus ou d’Enflonsia, sauf naissance très prématurée ou vaccination trop tardive : parlez-en à la maternité.
Les gestes du quotidien qui comptent autant
Anticorps ou vaccin ne dispensent pas des réflexes de base, d’autant que la bronchiolite n’est pas due au seul VRS. Les recommandations de Santé publique France :
- Lavez-vous les mains avant et après chaque change, chaque repas, chaque câlin, et exigez-le des visiteurs.
- Portez un masque si vous êtes enrhumé, et tenez à distance frères, sœurs et proches fiévreux ou qui toussent : le grand frère de 3 ans qui revient de la crèche est le premier vecteur.
- Évitez les lieux clos et bondés avec un bébé de moins de trois mois : supermarché, transports en commun, restaurants, salles d’attente.
- Aérez le logement dix minutes par jour, même en hiver, et ne surchauffez pas la chambre (18 à 20 °C).
- Ne partagez pas biberons, tétines et couverts non lavés, et ne fumez jamais à l’intérieur ni près de l’enfant.
- Lavez le nez au sérum physiologique dès les premiers signes de rhume : un nez dégagé, c’est un bébé qui respire et mange.
Les signes qui doivent vous faire consulter
Dans la plupart des cas, la bronchiolite commence comme un rhume (nez bouché, toux légère, petite fièvre) et guérit seule en huit à dix jours, avec des lavages de nez réguliers, des repas fractionnés et une surveillance attentive. Les antibiotiques sont inutiles, les sirops contre la toux sont contre-indiqués avant deux ans, et la kinésithérapie respiratoire n’est plus recommandée en routine. Consultez votre médecin dans la journée si la toux devient grasse et persistante, si bébé mange moins ou dort mal. Appelez le 15 ou rendez-vous aux urgences pédiatriques si :
- il respire vite, creuse le ventre ou les côtes à chaque inspiration, ou fait des pauses respiratoires ;
- il boit moins de la moitié de ses quantités habituelles sur trois repas de suite, ou vomit systématiquement ;
- il a moins de six semaines, ou il est né prématuré de moins de 34 semaines et a moins de trois mois ;
- ses lèvres ou le pourtour de sa bouche deviennent gris ou bleutés, il est anormalement mou ou somnolent, ou sa fièvre dépasse 38,5 °C avant trois mois.
Un dernier conseil pratique : avant le pic de mi-novembre, vérifiez que votre pédiatre ou votre médecin traitant a bien noté la protection de votre enfant (ou son absence) dans le carnet de santé, et rangez le numéro de la PMI et de SOS Médecins dans votre téléphone. Pour les enfants plus grands, notre article sur la vaccination contre la grippe 2026-2027 complète la panoplie de l’hiver.
Sources
- ARS Bretagne – Bronchiolite du nourrisson : la campagne de prévention 2026-2027 est lancée
- Ministère de la Santé – DGS-Urgent n° 2026-10 : campagne d’immunisation contre le VRS 2026-2027
- Assurance maladie – Bronchiolite : symptômes, prévention et traitement
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