Regardez bien les pots dans votre placard : le nouvel étiquetage du miel, des confitures et des jus de fruits arrive en rayon. Issue de la directive européenne dite « petit-déjeuner », applicable depuis le 14 juin 2026, la réforme impose l’origine détaillée du miel et relève la teneur en fruits des confitures. Voici comment lire les nouvelles étiquettes.
Étiquetage du miel : l’origine pays par pays
C’était la principale zone d’ombre du rayon : un miel « Origine UE et non UE » pouvait venir de n’importe où. Désormais, chaque pays d’origine doit figurer dans le champ visuel principal de l’étiquette, avec son pourcentage, par exemple « France 45 %, Italie 35 %, Vietnam 20 % ».
- Une marge d’erreur de 5 % est admise sur les proportions affichées.
- Sur les pots de moins de 30 g, un code à deux lettres peut remplacer le nom du pays (FR, IT, VN).
- La règle vaut pour les mélanges comme pour les miels d’origine unique.
Confitures : plus de fruits dans le pot
| Produit | Avant | Depuis le 14 juin 2026 |
|---|---|---|
| Confiture | 350 g de fruits par kg minimum | 450 g de fruits par kg minimum |
| Confiture extra | 450 g de fruits par kg | 500 g de fruits par kg |
| Crème de marrons | Origine non obligatoire | Pays d’origine des marrons obligatoire |
L’étiquette doit aussi indiquer la quantité de fruits pour 100 g de produit fini et lister les fruits par ordre d’importance. En France, le mot « marmelade » ne peut toujours pas remplacer « confiture ».
Jus de fruits : attention aux mentions sur le sucre
- Une nouvelle dénomination apparaît : « jus de fruits à teneur réduite en sucres », réservée aux jus dont les sucres naturellement présents ont été réduits d’au moins 30 %.
- La mention « les jus de fruits ne contiennent que des sucres naturellement présents » est autorisée. Elle est exacte, mais un jus reste sucré : l’association foodwatch la juge trompeuse pour le consommateur pressé.
- Les édulcorants restent interdits dans les jus, mais autorisés dans les nectars. Un nectar ne peut être dit « sans sucres ajoutés » que s’il ne contient ni sucres ajoutés, ni édulcorants.
Ce que la réforme ne change pas
La directive impose de nouvelles mentions, mais ne crée ni contrôles renforcés ni sanctions nouvelles : un pot frauduleux étiqueté « France » reste possible, et la Commission européenne estime que 46 % des échantillons de miel importés de pays tiers présentent des soupçons de fraude. Les repères fiables restent les mêmes : miel d’un apiculteur identifié, mention d’une récolte française unique, circuits courts.
Pour décrypter les autres étiquettes du rayon, voyez notre article sur le nouveau Nutri-Score et celui sur l’indice de durabilité.
Questions fréquentes
Depuis quand le nouvel étiquetage est-il obligatoire ?
Depuis le 14 juin 2026. Les produits étiquetés avant cette date peuvent toutefois être vendus jusqu’à épuisement des stocks, si bien que les deux générations d’étiquettes cohabitent en rayon pendant plusieurs mois.
Comment lire l’origine sur un pot de miel ?
Chaque pays doit être nommé avec son pourcentage, dans l’ordre décroissant, sur la face principale du pot. Une marge de 5 % est tolérée sur les proportions.
Ma confiture maison est-elle concernée ?
Non. Les règles de composition et d’étiquetage s’appliquent aux produits mis sur le marché, pas aux préparations domestiques.
Un jus « sans sucres ajoutés » est-il sans sucre ?
Non. Un jus de fruits ne peut de toute façon pas contenir de sucres ajoutés : il reste naturellement riche en sucres, environ autant qu’un soda pour un jus d’orange.
Le miel français est-il mieux protégé par cette réforme ?
Il devient plus facile à identifier, puisque la mention « France » et son pourcentage doivent apparaître. La réforme ne renforce pas les contrôles en revanche : en cas de doute, privilégiez un apiculteur identifié.
Sources
- DGCCRF — application de la directive « petit-déjeuner » en France
- Directive (UE) 2024/1438 — texte officiel
- foodwatch — analyse des nouvelles étiquettes et de leurs limites
