Le gaz augmente de 6,6 % au 1er novembre, l’électricité reste chère et la trêve hivernale ne suspend que les coupures, pas les factures. Dans ce contexte, la question revient dans toutes les familles : à quelle température chauffer sans grelotter ni se ruiner ? La réponse de l’ADEME tient en trois chiffres, 19 °C, 17 °C et 22 °C, mais tout se joue dans les détails : la pièce, l’heure, l’isolation, la présence d’un bébé ou d’une personne âgée. Voici le guide pièce par pièce, ce que vaut vraiment un degré en moins, et les réglages qui font gagner 15 à 25 % sans toucher au confort.
À retenir
- Le chauffage représente 60 à 75 % de la facture d’énergie d’un logement selon l’ADEME.
- Températures recommandées : 19 °C dans les pièces de vie occupées, 17 °C dans les chambres (16 °C la nuit), 22 °C dans la salle de bains pendant son utilisation seulement, 16 °C en journée quand le logement est vide, 12 °C en absence prolongée.
- Un degré en moins = environ 7 % d’économie sur le poste chauffage : passer de 21 à 19 °C fait baisser la facture de chauffage d’environ 14 %.
- Pour un bébé, la chambre se chauffe à 18-20 °C, pas plus : la surchauffe est un facteur de risque reconnu.
- Thermostat programmable, robinets thermostatiques, volets fermés la nuit et radiateurs dégagés : les éco-gestes combinés valent 15 à 25 % de la facture.
- La hausse du gaz du 1er novembre représente environ 12 € de plus par mois pour 1 000 kWh consommés.
À quelle température chauffer : les repères de l’ADEME pièce par pièce
Les 19 °C ne sont pas un slogan : c’est la température de référence inscrite dans le Code de la construction pour les logements occupés, et celle que l’ADEME recommande pour les pièces de vie. Mais chauffer tout un logement à 19 °C en permanence est à la fois inconfortable (trop frais dans le salon le soir) et gaspilleur (trop chaud dans une chambre vide la journée). Les repères à retenir, selon le guide Selectra qui reprend ceux de l’ADEME :
- Salon, salle à manger, bureau occupés : 19 °C, 20 °C si vous êtes sédentaire ou si une personne âgée vit au foyer.
- Chambres : 17 °C le jour, 16 °C la nuit. On dort mieux dans une pièce fraîche avec une bonne couette que dans une chambre à 20 °C.
- Chambre de bébé : 18 à 20 °C. Au-delà, le risque de surchauffe augmente ; en dessous, on ajoute une gigoteuse plus chaude, pas un radiateur d’appoint.
- Salle de bains : 22 °C pendant la toilette, 17 °C le reste du temps. Un sèche-serviettes programmable ou un radiateur soufflant 15 minutes avant la douche coûte moins cher qu’une pièce chauffée en continu.
- Cuisine : 17 à 18 °C suffisent, l’électroménager et la cuisson font le reste.
- Entrée, couloirs, WC : 16 à 17 °C, voire pas de chauffage si les portes restent ouvertes.
- Logement vide en journée : 16 °C. Absence de plus de 48 heures : 12 °C, le mode hors-gel, jamais l’arrêt complet qui coûte plus cher à la remontée et favorise l’humidité.
Combien rapporte vraiment un degré en moins
La règle de l’ADEME est simple : baisser la consigne d’un degré réduit la consommation de chauffage d’environ 7 %. Elle s’applique à toutes les énergies. Concrètement, pour une maison chauffée au gaz dont la facture annuelle de chauffage atteint 1 500 €, passer de 21 à 19 °C dans le salon représente environ 210 € d’économie par an ; de 20 à 19 °C, environ 105 €. Pour un appartement chauffé à l’électricité avec 900 € de chauffage annuel, un degré vaut environ 63 €.
Ces chiffres prennent une autre dimension avec la hausse du 1er novembre 2026 : le prix repère du gaz passe de 182,88 à 194,90 € TTC par MWh (+6,6 %), soit environ 12 € de plus par mois pour 1 000 kWh consommés, comme nous l’expliquons dans notre récapitulatif de ce qui change en novembre 2026. Un seul degré en moins dans les pièces de vie suffit, pour la plupart des foyers, à absorber cette hausse.
Les réglages qui valent 15 à 25 % sans baisser le confort
Au-delà de la consigne, c’est la programmation qui fait la différence : chauffer au bon endroit au bon moment, et pas partout tout le temps.
- Thermostat programmable ou connecté (50 à 200 € en filaire) : 19 °C de 6 h 30 à 8 h 30 et de 17 h 30 à 22 h 30, 16 °C le reste du temps. Il se rentabilise en une à deux saisons de chauffe.
- Robinets thermostatiques sur chaque radiateur (environ 15 € pièce) : 5 à 10 % d’économie selon l’ADEME, en adaptant la température de chaque pièce.
- Volets et rideaux fermés dès la nuit tombée : ils divisent jusqu’à trois les pertes de chaleur par la fenêtre, surtout en simple vitrage.
- Radiateurs dégagés : un canapé, un meuble ou un rideau devant un radiateur absorbe jusqu’à 30 % de la chaleur émise.
- Purge des radiateurs à eau en début de saison (cinq minutes) et entretien annuel de la chaudière, obligatoire et source de 8 à 12 % d’économie.
- Aération 5 à 10 minutes par jour, radiateurs coupés : un air sec se chauffe plus vite qu’un air humide, et l’on évite les moisissures.
- Portes fermées entre pièces chauffées et non chauffées, bas de porte et joints de fenêtre vérifiés.
Cumulés, ces gestes gratuits ou presque représentent 15 à 25 % de la facture de chauffage. Pour aller plus loin, isolation des combles, remplacement d’une vieille chaudière ou passage à la pompe à chaleur relèvent de MaPrimeRénov’ et des certificats d’économies d’énergie, cumulables sous conditions.
Froid ressenti : les astuces qui permettent de tenir à 19 °C
Beaucoup de familles trouvent 19 °C trop frais parce que la température ressentie dépend aussi de l’humidité, des courants d’air et des parois froides. Quelques leviers : un tapis sur un carrelage, un plaid sur le canapé, des chaussons plutôt que des chaussettes, un déshumidificateur si l’air dépasse 60 % d’humidité, et une tenue adaptée (le pull à la maison n’est pas un sacrifice, c’est la norme dans la plupart des pays d’Europe du Nord). Pour les bébés, c’est la gigoteuse, le TOG adapté et la main posée sur la nuque qui donnent la bonne mesure, pas le thermomètre du salon.
Aides et filets de sécurité pour l’hiver 2026-2027
Si malgré tout la facture dérape, trois dispositifs existent. La trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars, interdit les coupures d’électricité et de gaz dans la résidence principale (une réduction de puissance reste possible, sauf pour les bénéficiaires du chèque énergie). Le chèque énergie, de 48 à 277 € selon les revenus, peut encore être réclamé jusqu’au 31 décembre si vous ne l’avez pas reçu. Et le Fonds de solidarité pour le logement de votre département peut prendre en charge une partie des impayés. Un échéancier négocié avec le fournisseur dès le premier retard vaut toujours mieux qu’une dette qui court.
Sources
- Selectra – Chauffage : les chiffres clés à garder en tête (mai 2026)
- ADEME – Chauffage : les bons gestes pour réduire sa consommation
- Achetez Ici – 1er novembre 2026 : hausse du prix repère du gaz
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